MON DERNIER RECIT 41

Publié le par ANTONIO MANUEL

Ce soir j’ai peur. De moi, de mes choix, de ma destinée, de ma mort pourtant désirée. Je ressens ma peur de petit garçon dans une nuit trop grande pour lui.

J’avale les comprimés l’un après l’autre, pour m’endormir sans me laisser la lucidité de penser, mais j’ai peur du réveil de la douleur abdominale, dans l’aube blafarde, et le sang expulsé.

J’ignore pourquoi ABDELLAH a cessé de répondre à mes courriels. J’aurais aimé que nous poursuivions cette relation épistolaire tellement merveilleuse et gratifiante pour moi. Je l’aurai blessé sans doute, agacé. J’aurai cru, à tort, en ses promesses ambiguës. J’ai honte d’avoir accorder foi aux mots exaltés d’un auteur s’amusant de mon admiration pour ses récits et de ma fascination pour lui.  Je n’aimerais pas avoir eu l’air intéressé, vénal, ou trop excentrique. Malade à ses yeux peut-être, pleins d’effroi, de me découvrir tel partout sur le net, dans mes textes, dans mes mails.

Sans une explication de sa part, je devrais me satisfaire de ces hypothèses fantasmatiques bien incertaines. Et de ses mots écrits, si chaleureux qu’ils m’ont d’emblée séduits. J’avais perdu l’habitude de la fraternité, superficielle peut-être, du sud.

Je m’interroge, seul, volontairement seul dans ma nuit. J’attends et je redoute le sommeil et son accalmie provisoire. Je sais que j’ai besoin que l’on me soigne et que la pathologie dont je souffre n’a rien de psychosomatique mais qu’elle est avant tout une atteinte organique sérieuse. Et son évolution constante n’est pas sans risque pour ma vie.

Je ne voudrais pas mourir sali, exsudant par tous mes orifices les miasmes de mon corps déserté par la vie. Une mort égyptienne, je rêve d’une mort égyptienne : le corps lavé, vidé, macéré dans des bandelettes protectrices et le visage outrageusement fardé comme FREDDIE MERCURY, dans la vidéo enregistrée pour sa chanson intitulée : « these are the days of our lives ».

Dans les romans que j’ai aimés l’héroïne était belle dans la mort, parfumée, éthérée, apprêtée comme pour une élévation, l’accession au monde de la pensée pure.

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J
Cher Antonio, je m'inquiète pour toi en lisant cet article, demandes de l'aide à quelqu'un, tu as besoin que l'on s'occupe de toi, si tu n'oses appeller un proche ou un membre de ta famille, essaies de joindre quelqu'un du milieu médical, prends ces mains tendues.<br /> Tu ne peux rester seul chez toi à prendre des cachets,... Ne le prends pas mal, je ne suis pas ici pour te faire la morale, non, mais moi aussi, je me suis endormie plusieurs fois seule dans le noir, j'étais désespérée, je pensais que c'était la seule issue, il y a eu des conséquences, (coma, paralysie des mains, brûlures,...), je te comprends si bien mais là je suis inquiète pour toi. COURAGE A TOI, bises.
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R
babou, je sais que tu souffres et que tu as choisi le silence mais j'aimerai tellement t'aider, panser tes souffrances ... j'avais prévu des sorties pour que tu ne penses à rien ! ta présence, ta voix me manque ... tu es le seul ami qui ne m'ai jamais trahi ! tu me manques ... je t'aime ... ton ami
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D
Cher Antonio Manuel, te lire à nouveau, enfin ! Mais quelles souffrances tu endure encore. Merci d'avoir écrit ici, tes nouvelles sont importantes pour tes lecteurs. Merci.
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J
Bonjour Antonio <br /> <br /> Je suis partagée entre le plaisir de te lire et la tristesse de te voir souffrir dans ton corp et dans ton coeur et de ne trouver aucun moyen de t aider et de soulager je suis toujours là tu le sais je t embrasse très fort jeannette
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