MON DERNIER RECIT 33 ( EXTRAIT )

Publié le par ANTONIO MANUEL

Aucune science, aucun savoir ne nous secourt lorsque l'amour nous prend.

Il y a des années que je n'ai pas aimé. J'avais fini par croire que cette passion était à ranger dans les coffres de mes souvenirs d'adolescence et de jeunesse. Aimer à quarante ans : je ne m'en sentais plus la force, ni l'envie. Mes relations passées m'avaient échaudé et laissé comme un marbre froid. Quel homme serait-il capable d'insuffler dans mon existence la grâce, l'innocence, l'imprévisible sentiment qui pourtant chemine insensiblement avant sa prise de conscience. Etourdi. Stupéfait que ça puisse m'arriver à moi. A moi aussi. A moi encore.

Je ne le connais pas. Ou si peu...Je lui ai écrit à la suite de la lecture d'un de ses récits.
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A ma très grande surprise, il me répondit. Un courriel chaleureux. Quelques lignes, tellement justes, en réaction à l'analyse succincte et superficielle de son livre, enthousiaste, que j'avais osé lui faire parvenir. Il évoquait l'évidence de ce qu'il nomma ma « voix » et m'encouragea à la mettre au service des causes qui me tenaient à cœur. Il se déclara très intéressé et attentif aux textes publiés sur mon blog. Rien ne l'avait contraint à écrire cela, ces mots précis que je retins aussitôt alors que ma mémoire me fait si souvent défaut. Il se révélait humble et vivant tel que je me l'étais représenté au long du récit contant son difficile et fascinant apprentissage existentiel. Fascinant parce que son écriture l'était. Et j'identifiai sans peine, dans les quelques lignes dont il m'avait gratifié, le style avec lequel, dans mon esprit, il ne faisait qu'un.
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Je voulus mieux le connaître. Je ne voulais pas quitter sa vie, ses rêves, son histoire.
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Mais c'était bien lui de son premier récit au dernier. Fidèle à ce style concis, au lyrisme retenu, l'émoi toujours affleurant, l'ineffable jalousement préservé dans l'interruption expressive des trois points de suspension. L'amour au bord du vide. Le regret proustien de constater la béance du texte au moment même où la révélation de tous les mystères allaient pouvoir être lue.

De ce trou de silence, de cette absence de mots, de ce gouffre où l'imaginaire était libre de s'ébattre, je m'épris dans l'instant. 
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je reçus de lui un courriel étrange. Quelque chose avait changé dans sa façon de m'écrire. Comme une barrière qui cède. A mon amour, certainement deviné à travers mes phrases malhabiles à cacher ce qui se faisait progressivement jour en moi, à mon insu, fit écho l'évocation d'un rêve, d'une réalité fantasmatique et fabuleuse. Le temps était comme celui du conte : indéfini et sans aucune importance. Il me parlait. Il m'appelait par mon nom et le rêve et l'amour se mêlaient, ailleurs, autrefois, bientôt.

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R
Que d'émotions et de beauté mon cher antonio si important ! je t'embrasse tendrement
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J
BONJOUR ANTONIO<br /> Le sentiment amoureux que l'on éprouve soudain pour quelqu'un arrive souvent par surprise pourquoi lui ou elle,un mot ou parfois un regard déclenche cette émoi qui peut être si merveilleux mais aussi douloureux.Nous sublimons souvent cette amour naissant en rêvant qu'il soit éternel Je te le souhaite Antonio cette Amour que nous espérons tous car être aimer est indispensable <br /> comme l'air que nous respirons <br /> Je t'embrasse cher Antonio Jeannette
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