MON DERNIER RECIT 30 ( EXTRAIT )

Publié le par ANTONIO MANUEL

Hier matin, j'ai ouvert les yeux dans la salle de réveil du service d'entérologie de l'hôpital nord de Marseille et la douleur a été là, d'emblée.

( ... )

Une heure plus tard, la douleur persistait, omniprésente. Dans mon ventre, entre mes côtes, sous le diaphragme. Je pouvais à peine respirer.

Après quelques minutes supplémentaires de souffrance, l'infirmière, jeune et sensible, insista auprès de sa supérieure hiérarchique pour que j'obtienne une perfusion de morphine.

J'attendis pendant plus d'une demi-heure que la drogue agisse. Il était un peu plus de douze heures trente quand je me rhabillai maladroitement, très lentement, douloureusement. En franchissant le seuil de la cuisine, où une collation garnissait abondamment une table, je dus m'asseoir sur un des fauteuils le long du mur car la périphérie de ma vision s'obscurcit plusieurs fois et je sentis mes forces m'abandonner.

Ma gastro-entérologue vint me voir et me trouva anormalement pâle. Il faut dire qu'à mon anémie s'ajoutait l'absence de prise de toute nourriture depuis le déjeuner de la veille.

(... )

Le diagnostic était en faveur d'une maladie de crohn.

( ... )

J'entamais juste mon repas quand ma gastro-entérologue pénétra dans ma chambre, s'assit sur le lit voisin et m'expliqua qu'après mon malaise de la veille, étant donné ma fatigue et ma maigreur et jusqu'à ce que l'hôpital ait reçu mes substituts de repas commandés, le lendemain ou le surlendemain, il valait mieux que je garde la chambre pour me reposer un peu. Et puis, elle me trouvait plus serein depuis mon entrée à l'hôpital. Ma présence dans les lieux la tranquillisait.

Elle avait raison. J'étais bien plus calme. Mais j'avais la fâcheuse impression que le monde continuait sans moi, sans aucun émoi.

Je pensai que les malades, les personnes âgées ou agonisantes subissaient le même ostracisme qui les cloître afin que la société n'ait pas à en supporter la vue.

(... )

Des traînées de souffrances, des zones de mémoire douloureuse, un rappel permanent que je n'ai plus ni l'énergie, ni la vitalité, ni l'aisance de mon entrée à l'hôpital.

(... )

 

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G
il faut que tu te batte mon chere antonio tu vaux bcp mieux que tout les miserable qui te critique ou te harcelle
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R
Combien de souffrances et comment tu te tombes jamais dans le misérabilisme ! c'est grandiose !<br /> je t'embrasse tres fort
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J
MON TRES CHER ANTONIO<br /> Il faut toujours du courage pour faire face à la réaliter,la douleur et la maladie et de lutter au quotidien,renforce cette volonté que tu trouves dans l'écriture. Ces textes que je lis toujours avec autant de plaisir qu'il parle de ta maladie ou de ta vie.Je sais qu'il te faut chaque jours trouver la force en toi ,alors prend bien soin de toi.<br /> Je t'embrasse très affectueusement Jeannette
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