MON DERNIER RECIT 22 (EXTRAIT)

Publié le par ANTONIO MANUEL

Lever douloureux du matin. Sans joie, sans foi, décharné.

J'appelle ma gastro-entérologue qui me parle de nouveau d'une hospitalisation et, après avoir écouté le détail de ce que j'endure, déclare que ce n'est pas normal. Elle doit me rappeler dans la journée après avoir discuté, ce qu'elle a déjà fait comme elle me le confirme, avec ma psychanalyste, de cette hospitalisation dont celle-ci ne m'a pas dit un mot, malgré l'évocation du coup de fil prévu par ma gastro-entérologue à ce sujet, lors de ma dernière séance.

Alors j'essaie de terminer ce texte dont j'ai commencé l'écriture hier. Je ne voudrais pas laisser une parole interrompue, suspendue à l'absence de son énonciateur.

Je le crois désormais : je vais devoir quitter mon studio, mon désordre familier, mon portable et la haine déversée sur les forums de france2 par quelques malheureux inutiles.

Je tente de me rappeler la phrase de François Mitterrand lors de la passation de pouvoir entre Chirac et lui, me rappeler cette phrase comme un message d’outre-tombe destiné à tous ceux à qui il manquerait.

La poésie de cette phrase, sa double entente, son mysticisme, déjà sa transcendance, avaient résonné dans la voix du patriarche qui s’éteindrait si peu de temps après.

Je me hâte vers la dernière des phrases que je pourrai écrire. Je voudrais tout dire en quelques mots. Mais la seule pensée qui m’obsède est celle de mon accablement. Mon atonie est telle qu’il me faut souffrir pour que vous puissiez me lire jusque là, de façon que j’aie un peu d’avance pour quelque temps me reposer.

Je suis presque allé au terme du voyage de cet ultime récit. Je suis heureux d’avoir pris pour vous de la peine afin que vous ne vous pensiez pas abandonnés sans moi.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
mon chere antonio continu a te batre on a vraiment besoin d un homme extra ordinnaire comme toi sur cette terre si mediocre
Répondre
R
toujours cette force et émotion dans l'écriture ! merci d'être la, même épuisé et bientôt les fleurs te souriront pour ton apaissement et ta gloire ! je t'embrasse fort ! richard
Répondre
J
CHER ANTONIO<br /> Malgré ton hospitalisation tu as toujours eu la force et le courage de continuer à écrire,pour que nous puissions te lire aujourd'hui.Je t'embrasse Jeannette
Répondre