DU SOIR AU MATIN COMME UN LIEN

Publié le par ANTONIO MANUEL

Du soir au matin comme un lien, avec le divin, le secret espoir d’être bien. Dans la prison de mon corps de misère quêtant, patient, l’appât de sa lumière.

Sur le sol, à genoux, créature avachie dans son lit de mépris.

Le soleil et le vent brûlent le ciel, transi, exsangue de toute couleur, nu. La mer plissée telle un poisson immense aux écailles irisées. La mer comme un poison immense de lait caillé, vidée. Le fracas du mistral sur la rocaille dure et giflant les branches des pins aux pommes déjà nées. Les pigeons gros et gras, repus dans la poussière se dandinant sur leurs pattes griffues.

Du soir au matin comme une aspiration qui engloutit mon âme.  La lame d’un couteau, une arme au tranchant net qui fait jaillir le sang du christ en croix transpercé de passion. Ses clous plantés l’un après l’autre, dans la morsure de la chair émouvante figure de la souffrance humaine, lâche.

Le christ en croix est un orgueil de Dieu qui réitère sa promesse de larmes aux hommes incrédules. La lumière monte en lui pour réveiller ses yeux à leur vision terrible d’un amour éblouissant les bourreaux lamentables. L’homme en écume, en cendre, en souvenir de la terre sous ses pieds impalpable n’est plus qu’une blessure dépouillant au soleil sa chrysalide de cristal pour absorber l’or minéral de sa royauté.

La nuit tombe et c’est l’aube accroupie aux limites du monde. Elle hâte sa fulgurance pour évaporer l’ombre du corps qui gisait là que le jour a ravi.

Ô je me sens renaître une faim de mots intarissable qui désignent mais ne montrent pas les bordures de la joie où se tapit le rire prêt à fuser. Dans mon corps d’humain misérable se tient debout l’être pensif à la tête ceinte d’une couronne végétale, dans mon corps redressé comme un temple exhibant sa magnificence.

Je balaye les éclats de la vitre tombés en un souffle. La parole rebondit sur les murs blancs du temple où chacun des impacts dépose un des signes qui bout à bout énoncent une vérité sibylline comme le hasard d’un coup de dé.

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M
Comme je comprends ce déchirement, cette exposition de pensées et sentiments!....et quelle belel écriture!...je suis ravie de connaitre cet espace...tu m`avais visité il y a quelques temps (j`étais en pause)...merci. Une douce journée à toi.
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C
une écriture lourde de conséquence<br /> des mots ou se lit ta souffrance
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J
Bonsoir Antonio Merci pour tes pages d'écritures que j'aime toujours autant lire.Pourtant on vois à travers tes textes de la souffrance et de la tristesse et je ne sais que faire d'autre que te lire .Je t'embrasse Jannette.
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