DE l'AMOUR

Publié le par ANTONIO MANUEL

Dans la pénombre morte où je me suis blotti, l’amour s’ébroue imperceptiblement.

J’ai clos mes lèvres et mes paupières et je contemple la lumière létale qui gît dans un des couloirs du destin.

Les mots m’ont été dérobés et le silence m’impose la chape pesante de son oppression.

Je lis des paroles amoureuses qui n’ont pour moi que  la  concavité vide des fruits séchés.

Je sais qu’au-dehors de moi-même un soleil luit sans doute dans quelque ciel. Le tableau peint de mon autoportrait me montre des cieux plombés d’orages proches et des baldaquins fracturés.

Je plie l’échine et n’émet aucun gémissement sous les coups. Je garde mes paupières d’aveugle et ma posture d’animal nu.

Il y a sûrement un ailleurs où l’inconnu est accueillant, où les fleurs fleurissent et jamais ne se fanent, où les tamariniers sont encore plus nombreux que dans les images exotiques du poème.

J’enterre mon masque de marbre brut et mon uniforme de métal. J’ai dans la bouche l’amertume du dépit régurgité.

Il est des siècles où j’ai souri, où j’ai aimé et désiré. De la pelle et de la pioche des mots, je creuse la tombe des souvenirs où je les ai enfouis. Parée d’un vif éclat, de dorures, de diamants, ma mémoire en exhume quelques uns que la phrase ciselle en un vol d’oiseaux de proie.

Il fait froid. La pendule a cessé de signaler la lente montée de la nuit grave. Le sommeil est un parfum d’Hermès, envoûtant comme la saveur ourlée d’un alcool fort.

L’amour m’a déserté tel une marée basse. Je me retrouve dans la nuit égarée, sans boussole et sans destinée.

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G
je trouve ce texte tres touchant tu me parait etre quelqun detres sensible je serai curieux de te connaitre plus pour pouvoir en juger par moi même
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A
Merci beaucoup THOMAS pour ton témoignage qui me touche au-delà de ce que tu as pu sans doute imaginer en le déposant sur mon blog.<br /> ANTONIO MANUEL
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T
je suis moi-même victime de cette maladie depuis 2 ans. c'est touchant de constater que je ne suis pas le seul homme à souffrir de ses effets et à se trouver marginaliser dans un engrenage que les gens pensent exclusivement féminin.<br /> Bonne chance
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J
Bonsoir ANTONIO je t'envoye depuis chez moi plein soleil et qu'il t'apporte plein de chaleur et de réconfort avec un gros bisous plein de tendresse.
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N
Bonne soirée Antonio et amicales pensées !
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