DERRIERE LA VITRE DU SILENCE 1

Publié le par ANTONIO MANUEL

On se demande toujours ce qu’il y a derrière la vitre du silence. L’enfance, les souvenirs, la joie et la douleur de ceux qui restent et de ceux qui meurent. Comment imaginer le néant, la vacuité de tout ? Du monde, de l univers encore, cela reste concevable, mais de soi ? A quoi se rattacher ? Comment s’enraciner ? Se sentir stable sur son socle de mémoire et de temps ? C’est pourquoi je vous tends la main, de vous à moi je me dis qu’il y a un espoir peut-être, un compromis pour parvenir à accepter de ne plus être…Le jour est là, l’automne approche et son lot de corps gisants en fin d’ivresse. Ivresse aussi de vous écrire et de penser que l’on est là assis ensemble à se confier et à s’entendre…L’hiver pourrait bien en être moins rude. Je ne me soucie que peu de moi. J’attends juste le regard souverain qui basculera ma solitude et ma torpeur dans un sourire d’éternité. Bien sûr, je sais bien qu’il y a Dieu. Mais je le sens si loin, tellement absent de moi que le marbre de la tombe m’est encore plus glacial. Faut-il s’embraser en une étincelle ou longuement redevenir poussière ? Est-il louable de désirer rester encore un peu dans la pensée des hommes par l’art ou l’action dans l’histoire ou juste dérisoire ? Ca y est le soleil brille : quelle fête que cette moisson d’été ! Quel parfum plus enivrant pour justifier l’idée qu’il faut encore durer ? De ma fenêtre sur le monde, je vous envoie cette douceur, ce sourire du ciel qui s’approche et nous caresse infiniment. Je me souviens de mes quinze ans, du rai de lumière soudain traversant la pièce, de la poussière alors visible en suspension dans l’air surprise et de ma joie indéfinie, la chaleur des meubles transmise, du bois le souvenir vivant réveillé par un éclat de vie.
La douleur est omniprésente, prompte à se déclarer, larvée, viscérale, fulgurante. Je n’ai pas appris à vivre en sa compagnie : je la subis, plus ou moins bien…Cela fait plus d’un mois que je suis souffrant, la souffrance s’étant accru progressivement tandis que les symptômes de la pathologie se multipliaient et s’intensifiaient. A cette maladie je suis accoutumé mais ses poussées sournoises, d’abord lentes puis affolantes me laissent pantelant, épuisé, cisaillé de douleur et de peine, abasourdi que mon corps puisse déclencher un tel supplice à mon insu. Les sites web ne sont pas rassurants : ils psalmodient les causes inconnues, une étiologie avancée comme un désaveu de la science impuissante à guérir ce qui endolorit nos vies. Suit une kyrielle de remèdes du plus usuel et inoffensif – dans la mesure où un médicament peut l’être – à l’ultime recours nécessitant un protocole médical. Les plaintes des patients aussi qui attendent au sens strict qu’on veuille bien apaiser leur douleur et leur peur.
J’écris dans un espace de douceur car tout est calme en moi, nul élancement violent, aucun spasme, nul obstacle entre ma page et moi. Le sang est loin déjà, expulsé depuis presqu’une heure. Je bois le ciel bleu de septembre, la lumière tiède par la fenêtre et les bruits qui proviennent du dehors. Mon âme est pleine de mots que j’aime et je tâche de vous les délivrer. J’étends mon corps contre sa bouche, je sais qu’il dort et qu’il respire, je sens le souffle de sa vie, son haleine sur mon visage. Je ne veux pas troubler l’instant, je me blottis tout contre lui et mêle nos deux respirations. Le monde autour a disparu, exister se résume à être ce moment de chaste harmonie où les regards qui désapprouvent, les sourires connivents et les rires, les propos murmurés, les railleries ont cédé la place au bonheur. Il y a le temps de la douleur, le temps des autres, du devoir œuvrer pour vivre ou subsister, le temps social que l’on partage et puis ces fragments rien qu’à soi qui même rêvés seulement exhalent tendresse et chaleur. Quelques mots agencés, quelques phrases et ma vie est ce que j’en dis…Pour vous, j’essaie d’être un démiurge, Orphée qui ramène Euridice à force de chants et de grâce, à la force d’aimer donner son chant comme une grâce. Le monde n’est plus que ce désir de vous attendre et vous entendre, de vous tendre ces mots et ces rêves…Le monde n’est plus que ma souffrance de vous chercher dans l’écriture, mon désir…Desiderare : ressentir le manque de quelque chose d’ineffable et néanmoins nécessaire à la vie. Le désir, fils de Poros et de Pénia, selon Socrate, de l’abondance et de la pauvreté. Un terme pour signifier l’absence, le vide, le manque, le scandale de se savoir dans la carence et l’aporie, dans l’impuissance affreuse d’emplir le trou autour duquel tout se joue, cette initiale défaillance au bord du néant d’être au monde que tous les mots vont tenter de résoudre en vain. Car il n’existe pas le vocable sacré pour dire la plénitude, le foisonnement de l’âme en lien direct à Dieu. Il n’existe pas le terme pertinent pour exprimer la douleur de l’écharde glissée dans la blessure de la première rupture du lien entre l’homme et le monde, entre l’enfant sans mère, entre la mère vibrante de désir et le Phallus manquant. Aisance et pauvreté : mon âme ploie sous l’infortune de la conscience d’être à jamais brûlant du désir d’être moi, dans ma totalité.
C’est le matin, je vous rejoins. Le mistral souffle ce matin. Sa puissance qu’on entend fouetter les murs et perdre force aux angles pour revenir gifler l’obstacle de ses lanières de vent a un caractère rassurant, impression que le réel existe. Routine de la douleur inopinée et fulgurante. Répit lénifiant qui succède à son emprise sur ma vie. J’en profite pour vous glisser quelques mots en signe de paix, une offrande de fleurs et d’eau, l’oblation d’une orbe de douceur, de candeur et de liberté. Je me souviens de mon enfance comme d’une scène de film incolore, la scène surannée d’un film muet où je me tiens au centre d’un ennui sans fin. Le crachin gris du ciel du nord, les dimanches tout de brouillard éteints, la solitude et la détresse d’avoir peur de n’être pas aimé. Je mentirais pourtant si j’écartais du paysage les quelques amis de mon âge, les découvertes de la vie, la nature et ses beaux secrets. Et puis l’école aussi, à la fois fière et familière, ruche de sciences et d’expériences, les baisers par mégarde échangés, les amours lentes et sans issu. L’écriture a une autre histoire. Elle a dormi au fond de moi, sollicitée à peine pour les rédactions, les pensums, lovée comme une énergie morte, bercée de lectures et de rêves. Elle a déroulé sa parure splendide de moire, ses étoffes aux reflets d’argent, ses mile apprêts de vierge folle dans le langage inusité de ma professeur de lycée, avant de s’immiscer, parcimonieuse, dans un paragraphe de commentaire ou généreuse et délurée dans un devoir entier sur Gide. Elle m’a séduit, trahi, troublé comme un amoureux capricieux que l’on croit détenir le monde et qui n’est que le tremplin de nos émois, la faveur accordée de laisser la sidération museler nos sens, nos pensées et s’épanouir au creux de soi la fascination pour un astre défunt. C’est cela, cet éblouissement d’étoile qui brille au-delà de son temps de vie céleste. Amour sans joie de troubadour qui tisse une corde de soie pour se hisser jusqu ‘à sa dame. Et l’amour sera toujours l’illusion de reconnaître en l’autre l’eau propice à étancher ma soif, le calice contenant la vie illuminée de son mystère.
Sommes-nous si fragiles, si vulnérables que la maladie soudain puisse s’abattre et nous terrasser ? Notre conscience est-elle aveugle au point de ne pas voir le mal venir et poursuivre son quotidien de cécité ? Quoi donc s’offusque en soi dans le silence de nos bas-fonds qui regimbe et réclame l’attention que nous lui refusons obstinément, ignorants que nous sommes de ces voix sourdes d’autrefois ? L’écriture est-elle la reine à même de percevoir les échos assourdis des voix et de nous les traduire ? Le poète a toujours eu ce rôle d’expert sondeur de nos abysses, celui du déplacement du songe qui revêt d’or les oripeaux de nos monstres emmurés. Les mots seraient détenteurs d’un savoir encore ignoré, d’une vérité si intime qu’elle en devient universelle. Mais enfin de cette anamnèse dont la psychanalyse s’est emparée que sommes nous en droit d’espérer sinon le ressassement de quelques bribes d’un chaos dont l’origine rejoint la fusion des deux gamètes reproductrices ? Mon histoire est un fil d’Ariane aux brins de vie effilochés. J’attends le coup de dé, l’ « aboli bibelot d’inanité sonore », la rose absente de tout bouquet, la parole inaudible et en cela révélatrice. J’égrène les heures de ma vie en lieu et place de chapelet dévoué que je suis à vénérer le grand secret qu’elle recèle.
Les minutes sont les leurres qui me conduisent au paradis. Je vous suis un guide sans carte, ni boussole, ni destination. Je m’efforce de démêler les liens qui les uns aux autres nous lient. J’écris dans le silence comme incliné vers vous, avide d’ouïr un peu vos chuchotements de doute. Qu’avez-vous fait du miel de vos belles années ? Je vous imagine mère, inquiète, méticuleuse. Je vous vois désoeuvrée après l’éducation de vos derniers bébés. Puis jeune, riante infiniment, superbe, désirable, sensuelle, luxurieuse ! Ou bien grand-mère lassée des joies du maternage, exigeante, accueillante quêtant dans la lecture et la pratique d’un art ce savoir là que les années se sont refusées à livrer. Mais pourquoi ne seriez-vous un homme ? Avec ses craintes et ses bonheurs, ses hésitations, ses voyages, son interrogation muette de mâle perdu dans ses valeurs…Je vous invite dans mon silence d’écriture et de désarroi. Je vous ouvre la porte en grand des pages de mon livre spacieux. Je veux cheminer dans votre âme comme un pèlerin du bout du monde.
Le vent a apaisé sa colère souterraine. Le soleil rend diaphanes les feuilles vertes des plantes. La lumière se répand dans la pièce et dessine un sourire d’aquarelle. Il pleut du ciel les signes d’une clémence. J’écris depuis des heures et la fatigue se fait sentir. J’attends l’aube indécise quand tous les espoirs sont permis. J’ai acheté ce matin les Derniers fragments d’un long voyage de Christiane Singer. Je n’ai pas l’énergie de lire sa lente progression vers la mort même si elle s’annonce sereine, riche de son acceptation. Pas encore. Il est posé à mes côtés, son visage sur la première de couverture sourit, ses yeux pétillent, les trois-quarts restant de la photo sont du blanc du deuil des anges. Elle semble déjà abandonner sa vie, appelée par j’ignore quelle sagesse vers un autre rivage. Certainement les rives d’agapê.
Le sang encore ce matin, au réveil puis tant d’autres fois ensuite maculant l’émail blanc des toilettes. La douleur rétive, têtue, assoupie et soudain là annonciatrice de la coulée du sang. Et ces mots dans ma tête, tous les mots lus depuis hier dans le testament de Singer…je ne comprends rien à sa jouissance, à sa joie dilatée d’être, cette foi en je ne sais quel lieu, en je ne sais quel Dieu qu’elle révère et qui la remplit d’Amour, qui la comble de gratitude, qui l’émerveille et la rend redevable de pouvoir mourir afin d’être présente là où la vie foisonne en elle. Je ne comprends rien à sa souffrance vécue comme on enfante un mythe sinon qu’elle peut la vivre heureuse grâce aux soins palliatifs. Bercée de morphine ou d’un autre calmant puissant, je la vois naviguer sur les tourbillons d’eau des textes fondateurs. L’essentiel est qu’elle parte habitée de cet univers magnifié qu’elle n’a cessé d’aimer et de chanter. Moi je ne suis pas Christiane Singer. Hélas pour moi la souffrance ne brûle nulle écorce où serait caché un diamant. La flamme ne me calcine pas pour une renaissance. Elle incendie mes heures et fait couler le sang. Je n’ai que le soleil qui entre par les fenêtres et l’amour dépourvu de toute majuscule. Seulement ces voix d’enfants qui proviennent de la rue et l’affairement des hommes dont la rumeur apaise : la terre poursuit sa rotation. Je me sens en faillite, incapable de payer ma dette à la société. Le travail me manque, la routinière marche du temps. Je suis sans désir. Mais mourir n’est pas inscrit dans mon agenda. 
J’envie ceux qui sont sans question sur leur place ici-bas, sur le rôle qu’il leur est imparti, qui prennent épouse ou bien mari, peuplent la terre et s’accrochent fermes aux rênes de la société. Ce sont les plus heureux sans doute de ne pas connaître cette faim inassouvie d’un aliment indéfini. Ils font l’amour, ils travaillent, ils rêvent, gâtent leurs enfants dans la mesure où ils le peuvent en attendant d’être grands-pères et de jouir d’une vieillesse active. Il ne faudrait pas qu’un faux pas, un mauvais pli, une inconvenance viennent perturber leur sommeil de pantin gouverné par la masse car ce grain de sable gripperait c’est sûr les rouages huilés de leur mécanique vie. Mon Dieu, l’imprévu, l’impensable la fille qui veut devenir homme ou le garçon homosexuel ! C’est à pleurer de rire et à le leur souhaiter vivement. Mais ma plume devient amère et cette encre ne me plaît guère. Je préfère évoquer ce bleu du ciel à peine ouaté ça et là d’une traîne de nuages rares. Je préfère le bonheur de l’aimer celui qui embellit ma vie, de l’avoir rencontré et gardé malgré la laideur de la maladie et la jouissance de l’écriture qui décuple ce qu’elle évoque. Partage de cette existence mienne comme celui de la voix de Montaigne, de Rousseau ou d’Annie Ernaux. Don du plus précieux de l’âme, du plus juste car du plus intime. Expérimentation humaine par la parole que nous sommes mêmes : « Insensé qui croit que je ne suis pas toi ! ». La vie est pleine de nos louanges, de nos griefs, de nos rancoeurs ; de ces instants de joie fugaces qui conservent leur éclat longtemps nous abritant contre l’orage. Je veux m’en souvenir encore comme d’une corde de bonheur tressée qui mêle tous les temps d’aimer. Mon enfance, mon adolescence, mes rires d’adulte et ma chance d’être né. Ce visage mien dont j’apprécie les mutations lentes mais certaines. Mes yeux scrutateurs à huit ans déjà rêveur et passionné. Ce goût de citron meringué de mes quinze ans acides, sucrés, les hontes solitaires, les secrets et ces confidences entre nous qui soudent nos existences hors du temps. Je me souviens, je me souviens de tout, en moi partout j’ai tout gardé. A onze ans tes lèvres douces et effleurées, le parfum neutre de tes vêtements lavés, le pas dansé de ta démarche et ton aura d’être le meilleur d’entre nous. J’ai conservé l’émoi suscité par tes mains, par ton regard, ta voix, quelque chose que je ne peux plus atteindre mais qui demeure en moi, présent.
Ce matin j’ai dû me rendre à l’hôpital pour y voir l’anesthésiste responsable de la légère narcose nécessaire à l’exploration prescrite. Il s’est montré badin, enjoué, disponible. C’est toujours étrange de sortir de cet endormissement contraint sans aucune conscience de ce que le corps a subi… Tant mieux sans doute car mon généraliste m’a expliqué qu’il s’agit d’un véritable supplice que la drogue autorise sans douleur. Aujourd’hui du fait de mon rendez-vous à l’hôpital, je suis passé chez ma mère et c’est avec mon ancien portable, dans la chambre qu’elle me conserve que j’écris. Je suis d’humeur maussade, fatigué. J’ai un peu mal aussi. Il fait un temps superbe d’arrière saison, comme tous les jours. Mais ici j’ai froid, le soleil ne franchit pas les vitres, l’appartement est mal exposé, entouré de pins qui y maintiennent une fraîcheur constante. L’afflux de souvenirs d’hier m’a plus : un précieux minerai à profusion ! Se sentir être tellement plein de ce pouvoir sans bornes d’actualiser tout le passé ! L’affluence des images, des sensations, l’émotion intacte, une chance inestimable gracieusement accordée. Généreuse mémoire qui ressuscite les plus solaires des souvenirs, tous le deviennent par l’écriture, gisement dont elle retire la gangue pour y faire briller l’or. Je ne sais quel ordre adopté. Je refuse de les voir parader chronologiquement ordonnés. La mémoire est un fleuve dont le lit par endroits est profond et puis se rétrécit sans crier gare. Je suis pour le tumulte de ses crues et pour ses carences.  J’accepte le miroir qu’elle me tend où tout s’invente et s’organise, aléatoire en apparence. J’accepte le corps fuselé de celui-là que j’ai tant désiré après l’avoir vu dénudé lors d’une visite médicale scolaire obligatoire. Pour moi seul l’épiphanie se manifeste de sa beauté adolescente. Il est tel qu’autrefois je le vis dévêtu, d’une arrogance sublime et incertaine. Il m’apparaît baigné de l’eau du souvenir, palpable et translucide. Un mirage tremblotant dont je parfais l’axe focal. Ses cheveux sont encore et toujours hésitant entre le châtain plus ou moins clair, onduleux, abondants, soyeux, ils délimitent un visage d’ange que le diable a déjà corrompu. Sa peau est hâlée sur tout le corps, ferme et finement dessiné. C’est un portrait qui me ravit les années écoulées depuis. L’écriture adhère au réel telle une ménagère exigeante qui essuie la poussière qu’elle éveille avec un rigoureux scrupule. Le ciel et le soleil m’enfantent admiratif avide, thésaurisant ma propre histoire. Il est debout droit sur la page et je suis aussi fier de lui qu’il l’était de son corps post-pubère.
La maladie m a pris la main il y a quinze ans. Jusqu’alors j’ignorais l’expérience de la vraie souffrance. Elle est venue avec le sang. Quand il coula la première fois, elle était là. Pendant un an, après la peur du diagnostic et son acceptation contrainte, la corticothérapie m’a soulagé sans supprimer tous les symptômes et surtout pas celui du sang bien qu’elle ait complètement fait disparaître la douleur de son écoulement. Puis la rencontre d’un nouveau spécialiste, les progrès de la recherche m’ont permis de mener une vie sociale et professionnelle assez satisfaisantes. Mais la rémission ne dura que quelques années et les poussées aiguës de la maladie perturbèrent profondément mon équilibre. Désocialisé par les nécessaires et nombreux arrêts de travail, recroquevillé sur l’écriture afin d’échapper à un partenaire affectif dément et tyrannique, d’une jalousie morbide telle qu’il me coupa de ma famille, de mes collègues et de mes quelques amis, insinuant dans mon esprit l’idée de mon inutilité et de ma complète nullité, je me suis étiolé plus d’une fois, marchant au bord du vide captivant du silence et de l’ataraxie. Si j’y chutai provisoirement, j’en suis remonté plus aguerri. Et surtout j’en ai extrait un récit qui parce qu’il côtoie mes profondeurs eut la force de m’en extirper. C’est un orgueil qu’une œuvre issue de la perte du sens et du sang. Qu’une œuvre écrite avec le sang comme compagnon du quotidien et source de fascination : une interrogation sans trêve, jour après jour réitérée jusqu’à défoncer tous les rêves et vampiriser tous les mythes qui désamorcent la déréliction. Je rends grâce à mes professeurs qui surent m’insuffler leur amour de la culture et le devoir de sa fréquentation. Je ne cite aucun nom, ils sont les mêmes gardiens du phare des espérances chantées dès l’aube des siècles par Rutebeuf.              
 
  
 
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F
Juste un petit mot sans style, car je n'ai pas ton talent d'écrivain, mais j'ai été particulièrement touché au plus profond de moi en lisant ton texte parlant du manque de relations sexuelles avc un de tes ex !<br /> Saches que j'ai vécu exactement la meme histoire, 17a en couple avec la dernère années plus aucune relations sexuelles et pourtant j'aimais mon mec plus que tout !!! alors quand il est partit du jour au lendemain tout s'est écroulé autours de moi... tout ca parceque nous étions sur un plan affectif différent !!<br /> Aujourd'hui je suis fatigué de tous ces mecs qui cherchent des Brat Pitt ou des étalons avec 30 cm dans le pantalon !!!<br /> Je n'ai pas l'impression d'appartenir à ce groupe qui me donne envie de vomir...<br /> Je suis jamais comme il faut, malgrè mes 25 kg de perdu en 7 mois, je suis pas assez mince pour les uns, pas assez gros pour les autres, ou bien trop poilu, pas assez jeune,... bref... y a de quoi de barrer quelque part ou tu n'aurai besoin de personne...<br /> Malheureusement, je dois constater que je n'aime vivre qu'en binome... et que le célibat me mine le moral... alors quelqu'un se reconnait et pour peu qu'il soit très masculin, peu poilu et de 40 ans, alors n'hésites pas à me contacter sur mon msn : zepetshop@hotmail.fr... qu'es ce qu'on risque... de pas se plaire !!! et ben j'en prend le risque...<br /> Gros bisous a toutes et tous...<br /> Franck
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J
Bonsoir,<br /> <br /> Je viens suite à un post sur le forum anorexie/boulimie dans lequel tu as mis l'adresse de ton blog.<br /> Je n'ai pu lire qu'en dagonales trois de tes textes et je déteste faire ça. Aussi je reviendrais, avec plus de temps et plus d'attention.<br /> Ce que j'ai lu était merveilleux. Les mots glissent hors de toi avec une sincérité poignante. Je ne m'étendrai pas sur les compliments, tu es conscient de ton talent formidable... je te souhaite tout ce dont tu rêve avec ton stylo et ta feuille de papier.<br /> <br /> Je reviendrais, c'est promis. D'autant que l'anorexie chez les hommes est particulièrement rare et peu connue. Jamais on n'en entend parler, quel dommage...<br /> Elle est d'autant plus interressante que ce ne peut être le fruit d'une influence de la société pronant la minceur extrême, puisque ce n'est le cas que pour les femmes. <br /> <br /> Je t'embrasse, à bientôt.
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V
Je viens lire ton dernier récit et je suis toujours aussi bouleversée par ce que tu écris. Courage, Antonio, je sais que tu surmonteras ce mauvais passage et n'oublie pas que je serai toujours là pour toi. Je t'aime.
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S
bjr je suis une jeune adolescente g ete tre trouche par votre temoignages et je recherche des personne disponible pour en parler dans un cadre scolaire sous forme de reportage .merci de me contacter au plus vite acette adresse missybuterfly@hotmail.fr
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A
Je suis désolé Sérénité de ne pouvoir accéder à ton blog afin de découvrir ton univers mais l'adresse du site web que tu fournis doit être erronée...Je te remercie néanmoins pour ton accueil chaleureux, pour tes commentaires encourageants sur mon texte et pour ton soutien. A très bientôt. J'espère que tu repasseras par mon site et que tu me préciseras les coordonnés du site où te visiter.Très cordialement, ANTONIO MANUEL.
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