Mercredi 14 mai 2008

Tout est clair. Ma psychanalyste est parfaitement informée de ma façon d’appréhender la réalité de mon homosexualité, sa réalité familiale, sociale et de ma démarche pour pouvoir l’assumer la tête haute aux yeux du monde même s’il ne m’accorde pas plus d’intérêt qu’à la fourmi qu’on écrase du bout du pied ou qu’on torture, enfant, en toute ingénuité.

Ma sœur a éclaté en sanglots lorsque je lui ai fait part de la seule réponse que j’ai pu trouver à ce refus exprimé clairement par mes frères de participer à ma tentative de renaissance, d’effacement des paroles qui ont bercé mon enfance, émanant de mon père et de tous les membres masculins de ma famille. Réponse qu’elle juge mortifère et égoïste comme si j’avais le choix et que je les faisais souffrir, ma mère et elle, à dessein. J’ai eu simplement tort de vouloir justifier rationnellement mon anorexie plutôt que de garder la signification que je lui attribue bien à l’abri dans mon cerveau. Je passe désormais non plus seulement pour l’homosexuel névrosé de la famille, trop couvé par sa mère et sa sœur dont les frères sont jaloux, mais aussi pour le célibataire cruel et égoïste, incapable d’envisager le mal qu’il peut faire à ceux qui l’aiment en les informant de son autodestruction planifiée.

C’est promis je ne m’ouvrirai plus que par écrit ou dans le cabinet de ma psychanalyste de la seule stratégie de défense, qui me soit apparue appropriée, vis-à-vis de l’intolérance ou l’indifférence familiale, et de contestation contre cet état de fait qui me permet de mieux comprendre les insultes homophobes, dont j’ai été la cible, de la part de parfaits étrangers pour lesquels l’impact de tels propos à mon égard ne les concernait nullement ou pire qu’ils espéraient délétère, assez agressif et violent, en tous cas, pour me faire disparaître du forum public qu’ils se sont appropriés. Et cela malgré les nombreuses protestations des uns et des autres, victimes de leurs manigances destinées à vous interdire de vous exprimer sur ce forum comme bon vous semble et de les concurrencer ainsi sur cet espace du Web qu’ils utilisent comme une plateforme de promotion de leurs ouvrages, édités par leurs soins.

J’avais écrit de façon innocente mais finalement prophétique que je cesserais de m’alimenter afin de mourir en direct. Voilà ce qui est en train d’avoir lieu : ma mort très lente et, apparemment, inéluctable, en direct sur internet. Je me pose la question, qu’on utilise pour connaître ce qui constitue l’essentiel pour soi ou pour autrui, de savoir ce que je ferais si il ne me restait qu’un temps limité à vivre. Peut-être parce qu’il m’est impossible de penser ma propre mort, il me semble que je ne ferais strictement rien d’autre que cela : écrire ces mots là très précisément et continuer de lire ce qui me fait envie et non les romans imposés par mon travail ou la préparation du concours de l’agrégation. C’est pourquoi j’attends avec une grande impatience de recevoir les deux romans autobiographiques, commandés, de cet auteur d’origine marocaine, Abdellah Taïa, que j’ai découvert sur France Culture dans une émission intitulée « Travaux Publics » le 30 avril 2008, dont le sujet était « les libertés et minorités sexuelles au Maroc ».

Je lui aurais bien proposé moi à Jean Le brun, animateur de « Travaux Publics », une émission consacrée à l’écriture et à la liberté. Mais il faudrait en délimiter plus précisément le sujet. Pourquoi pas « Ecriture et Homosexualité » ou encore « Ecriture et Homophobie » ? Quoiqu’il en soit l’écriture délivre la colère qui est en moi et déleste mon cœur des rancunes et des regrets. De tous ces sentiments et ces mots ravalés parce que la société ou ma lâcheté m’y incitait. Ma couardise d’enfant bien éduqué. Je pense que si j’avais été un sale gosse, la délinquance m’aurait permis cette révolte sociale que l’écriture essaie d’exprimer en en dévoilant les causes et les conséquences inexorables. N’allons donc pas chercher au-delà de l’élevage des enfants la violence et la rébellion d’une fraction de la jeunesse actuelle. L’alcool et la drogue sont le droit chemin auquel conduit une éducation qui prive l’enfant de la liberté d’être tel qu’en lui-même il se sait. La culture est une échappatoire au néant d’une existence flouée. Mais la maladie finit par dénoncer le rapt d’une identité. Le corps maugréant d’abord contre ce à quoi l’esprit s’est vu contraint de fermer la porte : une vocation inassouvie à travers laquelle l’être aurait trouvé un épanouissement heureux, par exemple. Où le manque d’être aurait tâché d’atteindre sa plénitude. Mais grommeler, marmonner son mécontentement, le corps ne cessera de le faire qu’une fois la raison de sa grogne disparu. D’autres symptômes physiques prendront le relai pour signifier plus fortement le malaise de la conscience refoulant un tourment qu’elle ne saurait admettre. Comme un enseignant qui refuserait d’entendre ce que l’inconscient collectif des élèves leur dicte comme comportement inacceptable face à une défaillance de sa part qui les effraient, à leur propre insu. Alors qu’ils sont fermement convaincus d’agir de façon volontaire, consciente et concertée, l’attitude qu’ils adoptent face à l’enseignant en question résulte de l’insécurité qu’ils éprouvent en deçà de tous les griefs qu’ils reprochent à leur professeur. Et si l’enseignant persiste dans son incapacité à voir ce que ses élèves veulent lui faire comprendre d’une façon proche des symboles d’un scénario onirique à interpréter, alors la situation se gangrénera de même que le corps méprisé finira par déclencher le syndrome d’une pathologie souvent mortelle.

Mon organisme, parce que je n’ai pas pu ou pas eu l’audace d’affirmer le projet que ma vie attendait de voir se réaliser, a longtemps manifesté son impatience depuis l’enfance sous la forme d’une colopathie fonctionnelle, à laquelle se sont ajoutées, à l’adolescence, des perturbations psychophysiques qu’on a l’habitude d’étiqueter sous le terme médical pratique de spasmophilie. Puis leur insuffisance à me faire changer de voie et mis au pied du mur d’une profession dans laquelle je m’engageais sans l’avoir vraiment décidé, ma recto-colite hémorragique s’est déclarée, dans la terreur et la douleur de ses symptômes insupportables sans une prise en charge immédiate par un gastro-entérologue sous peine d’une mort rapide et comparable à la torture d’un enfantement qui n’a pas lieu.

C’est la nuit. Aujourd’hui je n’ai avalé qu’un seul substitut de repas et un fruit. Je n’ai pas faim. Mes préoccupations se sont substituées à la faim envahissant le champ de ma conscience et réclamant la mise en mots.

par ANTONIO MANUEL
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Lundi 12 mai 2008

Le jour, le contrôle alimentaire, la correction toute la matinée d’un manuscrit à envoyer aux éditeurs, les symptômes de la maladie et le retour vers ce nouveau texte dans l’écriture duquel j’investis mes derniers espoirs.

Sept mai 2008. J’ai rendez-vous, cet après-midi à quinze heures trente, avec ma gastro-entérologue, afin d’évaluer les effets du nouveau traitement destiné à se substituer à la cortisone, dès sa pleine efficacité. Il s’agit d’un immunosuppresseur dont l’emploi, pour le soin des maladies auto-immunes comme la mienne, s’est révélé bénéfique. Bien sûr, la kyrielle des effets non désirés peut épouvanter. Et d’ailleurs mon généraliste s’est montré totalement hostile à sa prescription. Mais ma spécialiste m’a assuré qu’aucun de ses patients, soumis à ce même traitement, n’avait développé un seul des effets secondaires, mentionnés sur la notice à lire avant de prendre tout médicament. Elle m’en a vivement déconseillé la lecture et m’a promis un rétablissement spectaculaire, en cas de parfaite tolérance du médicament par mon organisme.

Au fond, peu m’importe. L’écriture a envahi ma vie et du moment que rien ne s’interpose entre elle et moi, tout m’est égal.

Le soleil printanier éclaire haut dans le ciel, d’un bleu pastel sans nuage, le paysage qui s’offre à ma vue, depuis la fenêtre de mon bureau : ce qu’il reste des pinèdes dévastées pour y édifier ces logements H.L.M. Quelques arbres odorants, parmi les mauvaises herbes et les déjections canines, dont les aiguilles en bouquets fournis difractent la lumière solaire. La clémence de ce temps, quasi permanent, est une bénédiction pour moi qui suis né dans une toute petite ville, noyée sous les pluies incessantes, du nord de la France, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de quatorze ans. Je me réjouis de ce sourire bonhomme, qui vient aux lèvres, dès que l’on contemple la clarté ruisselante de mai. Un accord spontané du cœur avec les éléments et un acquiescement instinctif à l’ordre de ce qui est inscrit dans le moindre atome de vie. La nature s’acharne à célébrer le battement vivant des cœurs, qu’elle console par son offrande d’une beauté qui nous survivra.

Qui me survivra sans nul doute, puisque ma gastro-entérologue a remarqué que, depuis le mois dernier, j’avais encore maigri, alors que j’ai besoin, selon elle, d’un corps fort pour supporter le nouveau traitement, qu’il tolère très bien jusqu’à présent, comme l’indique le dernier bilan sanguin. Mais un amaigrissement continu mettrait ma santé en péril et imposerait l’arrêt forcé de la prise de l’immunosuppresseur. Une nouvelle poussée, consécutive, de recto-colite hémorragique nécessiterait la reprise de la cortisone destructrice.

Mon frère prétend que cette anorexie est un chantage. Un chantage que j’exercerais au dépend de sa conscience, car il ne voudrait pas qu’on lui mît sur le dos ma mort éventuelle, sous prétexte qu’il a refusé de solliciter son fils avocat, afin de m’éclairer sur la riposte légale appropriée à la cabale homophobe dont j’ai été l’objet des mois durant. Ce sentiment de  culpabilité, duquel je ne me sens pas responsable, me rappelle sa crainte à l’idée que l’on ait pu apprendre, lors de ma dernière tentative de suicide alors que je me trouvais chez lui, mon homosexualité, susceptible, à ses yeux, d’entacher sa réputation de notable de la ville où il exerce sa profession.

Mourir pour moi n’a aucun sens. Une vacance, une obturation de la conscience, les râles de mon père agonisant sur son lit d’hôpital, la respiration chuintante et gargouillant comme une tuyauterie dont l’eau ne s’écoulerait que par saccades amples et heurtées. Ma grand-mère, figée dans son corps de morte, roide et froid, sur le grand lit où nous dormions ensemble. Le cadavre de mon père, dans son cercueil ouvert, pétrifié dans une concentration intense et la senteur forte des fleurs amassées là, dans la chambre ardente où nous lui rendions un ultime hommage. Odeur puissante et dense des fleurs qui exhalent un parfum lourd et capiteux de plantes au seuil de leur pourrissement.

Rien à voir avec cette évanescence vers quoi je me dirige irrésistiblement. Un effacement discret du monde des apparences, une excuse d’être encore là. J’obtempère, je m’exécute. Je parfais la tâche, entreprise par mon père et mes frères, de me rayer de la topographie du réel. Leur refus de m’assister dans ma démarche pénible, mais jouissive car libératrice, de m’imposer pour ce que je suis : un écrivain homosexuel, a fait résonner les paroles de mon père comme s’ils lui faisaient chorus. Ma nièce réclame une plus grande compréhension de ma part, mais il me semble avoir, sans erreur d’interprétation, bien saisi la signification de leur impossibilité de m’apporter le soutien que j’étais en droit d’attendre de ma fratrie. Un désaveu de celui que je m’applique à être le plus justement, fidèle à mon identité première et fondatrice de l’homme que je suis devenu, malgré les revers et l’adversité. Malgré la maladie et l’attirance du néant. Dernier espoir d’être moi, soufflé comme les bougies d’un anniversaire dont on me renvoie poliment les cartons d’invitation. Alors maigrir encore, c’est réduire l’espace que j’occupe indûment à leurs yeux. Résister à leur volonté de me savoir évoluant sous le masque social rassurant du mensonge de la normalité. C‘est la tentative pathétique avortée de Frankenstein, d’être accepté dans son humanité monstrueuse, avant que le rejet du corps social ne soulève en lui une haine abyssale face à l’injustice patente de sa destinée. Montrer la laideur des hommes n’est pas tolérable. Vouloir les contraindre à admettre la faillite humaine et la variété de ses épanouissements est une incongruité, une inconvenance blâmable et condamnable par un indifférent mépris. Une solitude où je prends violemment conscience du néant de mon existence. Et de ce qu’il m’incombe de faire pour y remédier. L’écriture décrit mon cheminement souterrain de taupe blessée et fouissant dans les profondeurs de la terre sa trajectoire sanglante fatale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par ANTONIO MANUEL
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Vendredi 9 mai 2008

Est-ce l’anorexie qui me maintient si loin d’autrui ? Si loin de celui qui, je l’imagine, pourrait peut-être illuminer ma vie ? Ou bien plutôt ma difficulté à me représenter l’homme qui comblera, dans le même temps, mon désir et mon esprit ? Comment concilier l’attrait des corps des hommes que l’âge n’a pas encore meurtris et le besoin d’être pris en charge affectivement, oublieux de la peur de la mort ?

Je vis dans l’espérance, dans la fascination de l’écriture et dans l’urgence consécutive à mon alimentation insuffisante. Je sais pertinemment que deux substituts de repas quotidiens à quatre-vingts calories chacun et deux pommes ne peuvent que me faire perdre toujours plus de poids et décharner de jour en jour davantage le piège opaque où mon âme est emprise. Je subis le chagrin de la désillusion d’avoir cru que mes frères s’associeraient à mon entreprise textuelle publique de dévoilement de mon homosexualité. Il était tellement important pour moi, vital, d’essayer d’effacer les mots dits de mon enfance et mon adolescence, les mots de mon père qui condamnaient à mort les personnes amoureuses du reflet de leur propre image, attirées par le frère pareil, l’autre porteur de ce sexe là qui nous définit et nous prive de notre liberté d’être autre que celui que l’on est. Mon père aimé et détesté, tellement adulé et rejeté que sa propre mort ne me l’a pas enlevé. Il est dans mon être, dans mon sang. Il est en moi omniprésent et ses mots sont sur moi tout puissants. Je lui obéis depuis le caveau où il repose. Ses injonctions, mon inconscient les a enregistrées et elles poursuivent leur œuvre destructrice.

C’est la nuit, le sommeil se refuse à moi comme une mort solitaire pour laquelle on n’est pas encore prêt. Pourtant le deuil de celui que j’ai été est entrepris depuis longtemps, depuis mes premiers mots écrits, mes premiers textes d’adulte. J’ai laissé s’exprimer l’enfant pour qu’il dénonce enfin le suicide auquel mon père m’a condamné. Je lui ouvre grand les bras. Je lui accorde mon amour sans condition l’invitant à se réchauffer près de mon cœur qui bat encore. J’entends s’égrener les secondes et la fuite du temps m’indiffère tant que je peux écrire ce testament de ma mémoire. Je cède tout ce que je possède, ma vacuité et mon silence, la culture que les maîtres m’ont inculquée et le désir indéfini d’une chimérique réalisation d’un rêve dérobé d’enfant. Mon ami voyant me prédit à chacune de nos rencontres le meilleur pour mes livres et le succès dans mes études si je les poursuivais. Mais plus rien n’a de sens sinon cette revendication véhémente d’une homosexualité de droits égaux à ceux des hétérosexuels et d’un quotidien où elle puisse s’afficher, si tel est le souhait de celui qui embrasse sur les lèvres son ami ou le tient par la main dans la rue, même au cœur du village le plus reculé, sans moqueries, sans regards désapprobateurs, sans coups portés à l’encontre du couple d’amoureux osant manifester son amour en public comme le font tous les couples dans la bienveillance ou l’indifférence générale. Moi aussi je porte un songe qui dynamise mon existence et me permet d’envisager un avenir clément pour les miens, pour tous ceux qui partagent ma minorité de mœurs et naissent ainsi à cet instant. Devons-nous vraiment nous expatrier dans des pays où la démocratie est socialement en avant-garde ? Ou encore lutter comme je tente de le faire avec les seules armes que je connaisse : la parole sur la feuille imprimée ? Je ne peux plus, à quarante ans, continuer de jouer le rôle d’hétérosexuel célibataire que l’on m’attribue spontanément dès que l’on constate l’absence d’alliance à mon majeur. Je ne le veux plus. Ma lâcheté a fait long feu. La vie est bien trop précieuse pour la consumer en mensonges et en faux-semblant. Je quitte mes habits de misère, mes oripeaux d’avant la lutte et me revêt de la candeur de ma colère de devoir au vingt et unième siècle exiger d’une voix forte que l’homosexualité ne soit plus un fardeau, une honte, un drame, un péché. J’ai conscience de l’inanité possible de mon cri mais je n’ai rien à perdre sinon mon emploi et ma vie. Et je ne tiens ni à l’un ni à l’autre plus qu’à cette cause viscérale qui me brûle tel un pamphlet placardé au dix septième siècle sur la porte de la chambre du Roi.

Mes jours sont habités par cette haine de la mort qui rode en moi, une haine mâtinée d’un soulagement légitime après quarante ans de souffrance. J’écris pour apaiser mes maux et croire encore que la brève traversée  de mon existence terrestre ne fut pas vaine. La maladie m’accompagne, symptôme invisible de la volonté paternelle ingérée avec le lait de la mère et l’éducation reçue. J’ai des souvenirs plein la tête et je ne veux pas conclure ma vie comme Simone de Beauvoir termine son autobiographie par l’aveu d’une tromperie dont la conscience lui apparaît enfin et son statut de victime. Je me dévoile à cet effet, afin qu’être insulté publiquement en raison de mon appartenance à la minorité homosexuelle sur un forum du net, émanation d’une des plus grandes chaines de télévision française, n’apparaisse plus aux yeux de la majorité des citoyens comme un risque prévisible et évitable en ne révélant pas la nature de mes inclinations. Accident dérisoire bien que contrevenant à la loi qui ne suscite qu’un profond désintérêt, aux yeux de la presse informée, du fait de mon parfait anonymat.

C’est pourquoi plus aucun aliment ne peut franchir mes lèvres qui ne soit accepté par la privation que mon mental m’impose. C’est pourquoi ma pathologie, du nom de recto-colite hémorragique ulcéreuse, s’est tant aggravée dernièrement, connaissant une évolution très inquiétante et cause de douleurs que seule la prise de cortisone à dose élevée peut supprimer avec tous les effets secondaires propres à ce médicament que je prends quotidiennement depuis plus de quinze ans que la maladie s’est déclarée. Mourir ne m’effraie pas plus que la perspective de retrouver mon activité professionnelle, après l’arrêt pour longue maladie accordé qui touche à sa fin, comme si de rien n’était, comme avant la nécessité d’être gravement malade pour que cesse le mensonge socialement salutaire et souhaitée. Ne plus m’alimenter ou presque, même si c’est à mon insu régurgiter le lait empoisonné de la mère comme l’a affirmé une psychanalyste à mon sujet, est donc pour moi un acte citoyen d’une urgence en sursis depuis trop longtemps déjà et que je ne peux plus reporter une minute de plus. C’est mon devoir d’enseignant et d’écrivain, de telle sorte que je ne me sente plus impuissant face aux adolescents qui me sont confiés dont certains sont immanquablement la proie du même tourment que celui que j’ai vécu à leur âge. Je réclame de l’Education Nationale un comportement responsable qui ne se manifeste pas uniquement dans les textes officiels où il reste lettre morte mais aussi au quotidien dans les collèges et les lycées. Pourquoi se sentir contraint de taire son homosexualité au point qu’elle ne soit que cette plaie béante, cet aveu parfois au bord des lèvres qui ne trouve quasiment nulle oreille compatissante sinon celle des professionnels de la santé ?  Un des rôles, primordial, de l’Education Nationale est d’enseigner, par l’exemple, la tolérance et le respect de tout individu dans son humanité.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par ANTONIO MANUEL
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Vendredi 25 avril 2008
Des circonstances indépendantes de ma volonté dont je vous ai fait part à diverses occasions: il suffit d'ailleurs de lire ici ou là les réactions qu'il a suscitées pour en prendre connaissance ainsi que l'absence d'un soutien familial global manifeste, dont je remercie les personnes tout particulièrement concernées qui sont demeurées sourdes à mes demandes d'une aide que je pensais naturelle à tort - ayant nourri jusqu'à présent des illusions, sur ce que représente le clan familial, que je dois bien reconnaître pour ce qu'elles étaient : des illusions - m'incitent à faire disparaître cet espace culturel du paysage virtuel du Web et à prendre les dispositions conséquentes que j'estime légitimes.
Ce message restera visible le temps de laisser aux lecteurs de ce blog et aux individus auxquels il s'adresse directement la possibilité de le lire. Passé ce délai, nous nous effacerons de votre existence lui et moi.
par ANTONIO MANUEL
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Mercredi 16 avril 2008

Je ne résiste pas aujourd'hui après la découverte et la lecture, dans la section homosexualité du forum de Psychologies, de ce discours, à vous le soumettre. Vous apprécierez avec quelle éloquence dans l'expression de ce qui est nié, il illustre très explicitement un état de faits, une pensée plus ou moins répandue et orthodoxe.


citro
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Posté le 15-04-2008 à 19:14:34  profilansweranswer +MPFavoris
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Si on se met à rechercher toutes les différences et à les mettre sur le compte de l'homophobie...

 

Je ne suis pas homo, pas étranger, pas nain, pas une femme, pas obèse. Normal quoi. Et pourtant je vois plein de gens qui ont un meilleur statut, qui gagnent plus, qui sont mieux considérés que moi. Si j'étais homo je crierais à l'homophobie, si j'étais étranger au racisme, si j'étais gros au je ne sais pas quoi? grossophobe, si j'étais une femme au sexisme ...etc...
Mais je n'ai aucune de ces particularités, donc je ne peux pas dire aux autres : vous voyez, quelle iniquité, je suis différent de vous et c'est pourquoi vous ne m'aimez pas. Je ne peux pas dire ça aux autres car ils sont comme moi, donc je ne peux pas me plaindre de racisme, de misogynie, d'antisémitisme.
L'égalité ça n'existe pas, même entre personnes d'apparences égales.


Message édité par citro le 15-04-2008 à 19:26:17

 Voici pour être impartial ma réponse à ce discours qui m'était adressé:

ANTONIOMANUEL
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Posté le 16-04-2008 à 11:37:33  profileditEdition rapideansweranswer +MPFavoris
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citro
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 Posté le 15-04-2008 à 19:14:34    
Si on se met à rechercher toutes les différences et à les mettre sur le compte de l'homophobie...
 
 
Je ne suis pas homo, pas étranger, pas nain, pas une femme, pas obèse. Normal quoi. Et pourtant je vois plein de gens qui ont un meilleur statut, qui gagnent plus, qui sont mieux considérés que moi. Si j'étais homo je crierais à l'homophobie, si j'étais étranger au racisme, si j'étais gros au je ne sais pas quoi? grossophobe, si j'étais une femme au sexisme ...etc...
Mais je n'ai aucune de ces particularités, donc je ne peux pas dire aux autres : vous voyez, quelle iniquité, je suis différent de vous et c'est pourquoi vous ne m'aimez pas. Je ne peux pas dire ça aux autres car ils sont comme moi, donc je ne peux pas me plaindre de racisme, de misogynie, d'antisémitisme.
L'égalité ça n'existe pas, même entre personnes d'apparences égales.
Message édité par citro le 15-04-2008 à 19:26:17  

 
Votre déclaration est un vibrant éloge de l'inégalité brandie comme une "norme" sociale et inexorable qui souligne avec éloquence toutes les injustices que vous tentez de nier et dont par là même vous établissez le constat flagrant.

 

par ANTONIO MANUEL
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Mardi 15 avril 2008

"Etrange, mystérieuse consolation donnée par la littérature, dangereuse peut-être, peut-être libératrice:bond hors du rang des meurtriers, acte-observation. Acte-observation parce qu'une observation d'une espèce plus haute est créée, plus haute, mais non plus aiguë, et plus elle s'élève, plus elle devient inaccessible au rang, plus elle est indépendante, plus elle obéit aux lois propres de son mouvement, plus son chemin est imprévisible et joyeux, plus il monte."
FRANZ KAFKA



L’ascension joyeuse et continue décrite par KAFKA est une conséquence heureuse de l’acte libérateur qu’il voit en la littérature.

Ecrire s’apparente à une ascèse qui fait de l’écrivain un observateur du réel dont l’observation même l’exclut. Car la réalité qu’il atteint est autre que celle perçue par nos yeux de profanes.

La consolation pour l’écrivain est d’accéder à l’essence du réel en advenant, par l’écriture, celui qu’il est derrière le masque du paraître.

Exclusion du mouvement de divertissement, au sens pascalien du terme, horizontal de la majorité des humains qui s’affairent dans une société où l’individu est détourné de lui-même et condamné à une activité laborieuse incessante pour accroître l’avoir au détriment de l’être.

Ce sont eux les meurtriers, ces vivants pris dans une effervescence vaine qui maintient leurs paupières closes.

Conservant la place qui leur a été assignée dans le rang du groupe social auquel ils appartiennent, ils commettent ce que FRANCOISE DOLTO désignait par le mot de « péché » pour le démettre de son sens moral et lui insuffler une acception métaphysique : le péché consiste à ne pas emprunter la seule voie qui soit nôtre, celle de l’épanouissement de notre essence divine.

 

par ANTONIO MANUEL
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Dimanche 13 avril 2008

Le dépouillement de soi dans la nudité vulnérable de son humanité est un geste d'autodérision.

par ANTONIO MANUEL
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Dimanche 6 avril 2008

Dossier Homophobie - Sommaire

 

L'homophobie est une attitude, un sentiment, un malaise ou une aversion envers les personnes homosexuelles ou envers l'homosexualité en général.

 

Le terme d'«homophobie» désigne l'hostilité explicite ou implicite subie par les homosexuels. Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l'aversion ou encore de la désapprobation envers l'homosexualité. Par extension, l'homophobie désigne les préjugés et la discrimination anti-homosexuels.

 

Il y a deux visages de l'homophobie : l'homophobie qui vise l'individu et l'homophobie qui vise l'état d'être homosexuel. Bien que l'homophobie ait toujours existé, ce n'est que tout récemment que l'on a commencé à lui donner un nom et, surtout, à réaliser qu'elle constituait une attitude inacceptable dans une société civilisée, au même titre que le sexisme, le racisme ou la xénophobie.

 

Les définitions

 

Les dictionnaires ne font référence à l'homophobie que depuis peu : en effet, ce n'est qu'au milieu des années 1990 que le terme a été intégré dans les différents dictionnaires français : en 1997 pour le Petit Robert et en 1998 pour le Larousse. (Les dictionnaires de langue anglaise avaient commencé un peu plus tôt à définir le terme.) Plusieurs dictionnaires ne donnent encore aujourd'hui aucune définition de l'homophobie.

  • Le Petit Robert - édition juin 2000
    Homophobe : adj. et n. 1979; de homo et -phobe - qui éprouve de l'aversion pour les homosexuels. n.f. : homophobie, 1977.
  • Dictionnaire Flammarion de la langue française - édition juillet 1999
    Homophobe : adj. et n.; n'apprécie pas les homosexuels. n. personne homophobe.
    Homophobie : n.f.; aversion pour les homosexuels.
  • Le Larousse - édition 2001
    Homophobe : adj. et n.; qui est hostile à l'homosexualité, aux homosexuels.
    Homophobie : n.f.; rejet de l'homosexualité, hostilité systématique à l'égard des homosexuels.

 

Daniel Borrillo, Juriste : « L'homophobie est l'attitude d'hostilité à l'égard des homosexuels, hommes ou femmes. ».

Christophe Gentaz, Socio-anthropologue : « Un ensemble de préjugés, attitudes, jugements de valeur et comportements qui s'exercent, sur le mode négatif, à l'encontre des personnes homosexuelles »

Daniel Welzer-Lang, Anthropologue : « L'homophobie est fortement liée au sexisme. L'homophobie est l'intériorisation, pour chaque individu, du sexisme dans ses rapports aux autres. L'homophobie est la discrimination envers les personnes qui montrent, ou à qui l'on prête, certaines qualités (ou défauts) attribuées à l'autre genre ».

 

Sanctions et actions internationales contre l'homophobie

 

La Loi du 18 mars 2003, article 132-77 du code pénal fait une circonstance aggravante lorsqu'un crime ou un délit est commis en raison de l'orientation sexuelle de la personne. La Loi du 30 décembre 2004 pénalise les propos liés au sexe ou l'orientation sexuelle de la personne. D'autres dispositions assurent à lutter contre l'homophobie et les discriminations liées à l'orientation sexuelle en matière d'emploi, de logement, d'accès à l'emploi etc etc

 

La journée mondiale de lutte contre l'homophobie est instituée le 17 mai.

 

Par extension, d'autres néologismes ont vu le jour, tels la lesbophobie, qui se définit comme une aversion envers les lesbiennes et le lesbianisme, ainsi que la biphobie, une aversion envers les bisexuelLEs et la bisexualité, la transphobie, une aversion envers les transexuelLEs et tes personnes transgenre ou la sérophobie, une aversion envers les personnes séropositives.

 

par ANTONIO MANUEL
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Dimanche 6 avril 2008

n°76954

zephir7

Posté le 31-03-2008 à 22:57:22  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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on a réussi à écrire un roman avec ces échanges....!

 

n°76967

Fulmi

fr.martini.free.fr/livres/

Posté le 31-03-2008 à 23:07:37  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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Malheureusement, Le Rayon Gay a coulé les éditions Balland !


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http://minilien.com/?lsq0oJdSVa http://minilien.com/?6HiMrnu0pK

 

n°76982

zephir7

Posté le 31-03-2008 à 23:37:28  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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pffff.......et le rayon maladie? c'est porteur, ça. Genre "ongle incarné infecté", oui je sais le sujet est ardu et peut être limité à une cible trop restreinte, mais bon....

Yifu66Electron plus très libre... Posté le 29-03-2008 à 14:05:10  
   
Là, Antonio s'est suicidé.  
 

priskanou

Posté le 29-03-2008 à 14:02:23  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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Reprise du message précédent :
Ce n'est pas bien grave : le con de Priskan emmer.de purement et simplement l'abruti Martini. Le con de Priskan a vendu déjà bien plus de romans que l'abruti Martini n'en vendra jamais. Le con de Priskan est édité à compte d'auteur là où l'abruti Martini se voit obligé de faire du collage pour obtenir son bouquin (ma fille fait la même chose en grande section !). Le con de Priskan a eu le droit à son interview là où l'abruti Martini n'a rien du tout. Le con de Priskan participe à des salons que l'abruti Martini ne peut que visiter. Le con de Priskan a une version audio de son roman alors que l'abruti Martini n'a même pas une version papier correcte ! Le con de priskan possède un site internet digne de ce nom là où celui de l'abruti Martini est à l'image de ses bouquins ! Le con de Priskan est entouré d'amis véritables et sincères alors que l'abruti Martini n'est entouré que de faux-culs ! Le con de Priskan vend tranquillement ses petits romans là où l'abruti Martini est obligé de les donner pour réussir à être lu. Mais la plus grande réussite est que le con de Priskan a réussi depuis longtemps à rendre jaloux l'abruti Martini !!!
 
Bref, je n'ai rien à envier à ce pauvre type.
 
Allez, bonne bourre à tous !
 
Priskan

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Message édité par priskanou le 29-03-2008 à 14:03:09

 

n°76325

Yifu66

Electron plus très libre...

Posté le 29-03-2008 à 14:05:10  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -configMPFavoris

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Là, Antonio s'est suicidé.

Message cité 1 fois


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L'avenir ne m'intéresse pas, parce que c'est là que je mourrai !

 

par ANTONIO MANUEL
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Dimanche 6 avril 2008

Jeannette2 6

Posté le 01-04-2008 à 10:59:44  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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Bonjour! Permettez moi de vous signaler le texte d'Antonio aujourd'hui sur son blog  .Il explique dans le détail pourquoi il mene ce combat prenez la peine de le lire vous qui le critiquer à longueur de journée  
Peut être le comprendrez vous mieux.Mes Amitiés Antonio

 

n°77026

Fulmi

fr.martini.free.fr/livres/

Posté le 01-04-2008 à 11:03:26  profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris

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A quoi ça sert ? Qu'on s'emm... à le lire ne le guérira pas.


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http://minilien.com/?lsq0oJdSVa